Claude Clarbous, Un ciel de mots Écrits 1983-2022, Île d’Encre Éditions, 2023
Le ciel (ne)
peut (plus) attendre
Ces notes d’atelier se composent d’aphorismes, de fragments divers, de poèmes, accompagnés de croquis explicatifs d’œuvres en cours de réalisation et de dessins. L’ensemble, merveilleusement disparate, constitue une matière première indispensable à la compréhension de la démarche de Clarbous. La période couverte, de 1983 à 2022, comprend des passages de taille inégale suivant les années, offrant ainsi un plaisir de lecture très singulier.
Mais qui est Claude Clarbous ? Un artiste, vivant et travaillant en Occitanie, à la fois peintre et plasticien, en activité depuis les années 1980. Il a réalisé bien des expositions en France, mais aussi à l’étranger. Partant de la peinture, il a opté pour un virage radical à un moment donné pour se consacrer à la déclinaison du mot « CIEL ». Ce dernier trouve alors sa place avec des réalisations in situ de toute taille et de toute sorte. Il intervient également dans la réalisation de livres d’artistes avec des poètes et des écrivains.
La légèreté demeure un état d’esprit paradoxalement difficile à mettre en scène. Surtout en temps de crise, sachant que l’art se trouve toujours en temps de crise. Clarbous a donc opté pour un décalage de sa pensée qui pourrait se traduire par cette simple phrase, digne d’une maxime taoïste : « La création et la respiration débutent par l’inspiration. » Virevoltante citation qui en rejoint d’autres, certaines plus graves, semblable à celle évoquant le faire même de l’artiste et son rapport intrinsèque à sa pratique : « J’aime la peinture lorsqu’elle parle de peinture, ou plus simplement dit, lorsqu’elle parle d’elle-même. »
Clarbous évoque l’évolution de sa démarche, commençant du côté de la peinture pour aboutir à des machineries « célestes » plus conceptuelles. La réalisation de ses œuvres, à la fois incluses dans le réel et situées dans un ailleurs à définir, flirte avec la poésie tout en nous interrogeant sur le devenir de son aventure créatrice : « Cette peinture avec le mot ciel ne serait-elle seulement qu’un espace méditatif sur l’infiniment grand et sur l’infini de la peinture ? »
Au fil des années, les considérations liées
à des catégories précises finissent par s’estomper au profit d’une grammaire
plus mouvante. La notion de « peinture » prend corps dans de
multiples propositions, allant de sa représentation propre à des installations
simples ou savantes. Elle demeure, mouvante et capricieuse, les notes d’atelier
permettant alors de la questionner, ainsi que le monde, la vie, la mort dans un
échange entre l’homme et l’artiste. L’ensemble aboutit ainsi à un moment rare et
précieux.
Christian Skimao